mise à jour le 1/1/1970.


Note sur l'origine commune
des deux branches de la famille RODRIGUES-HENRIQUES.


Grâce aux documents d'archive réunis en 1999 par une de nos cousines, il est désormais possible de se forger une solide présomption, sinon conviction, sur les origines des deux branches de notre Famille qui, au cours de près de trois siècles, ont cohabité et souvent cousiné, sans jamais faire état de la nature exacte de leurs liens familiaux que suggérait leur patronyme commun.
Les recherches, dans ce domaine, se sont avérées particulièrement difficiles du fait des traditions marranes, de protection de leur Communauté par la pratique courante de l'endogamie, les changements de noms patronymiques assez courants et l'usage privilégié d'un petit nombre de prénoms bibliques. Ainsi, il n'est pas rare de relever à la même époque et dans la même ville, plusieurs individus portant les mêmes noms et prénoms.

Deux documents, dont nous avons les photocopies, nous ont parus particulièrement intéressants:

Le premier, daté du 2 Novembre 1725, est déposé aux Archives Départementales de la Gironde où il est répertorié sous la référence ADG 3 E 414 33.
Il s'agit d'un compromis, passé devant notaire (Maître BANCHEREAU à Bordeaux),
entre
Sieur RODRIGUES HENRIQUES, négociant, demeurant à Bordeaux, rue du Mirail, Paroisse Saint Éloy (Ndlr. le prénom n'apparaît pas)
et
Sieur ABRAHAM RODRIGUES, son frère aîné aussi négociant à Bordeaux (Ndlr. la seconde partie du nom, HENRIQUES, est ici omise non plus que l'adresse de l'intéressé, mais la mention de frère aîné fait disparaître toute ambiguïté. S'il en existait une encore , le rappel suivant: que l'on trouve plus loin dans le texte, le Remontrant déclare à son frère aîné, par la présente…lève tout nouveau doute).

Cet acte notarié est signé RODRIGUES HENRRIQUES (Ndlr. sans prénom et avec 2 R)
Absence de signature de l'autre Partie.
Toutefois ce document comporte -in fine- la mention suivante: Notifié le 6 Novembre 1725 (Ndlr. 4 jours après la signature), à Sieur ABRAHAM RODRIGUES en son domicile (Ndlr. l'adresse n'est pas précisée), parlant à son épouse (non dénommée) qui a pris copie pour nous, Notaire Royal à Bordeaux.

De ce premier document on peut déjà déduire que le Remontrant dont on ne connaît pas le prénom, signe son nom avec 2 R (Henrriquès), que son frère aîné se prénomme Abraham, est marié et vivant en 1725 ( sinon l'Acte notarié aurait fait mention de la Veuve et non de l'épouse d'Abraham), que ces deux personnages demeurent à Bordeaux et y sont tous deux négociants.

Le second document est antérieur de 8 ans. Il porte la date du 29 Décembre 1717. Lui aussi est déposé aux Archives départementales de la Gironde, suus la référence ADG. 3 E 342 33.
C'est un Contrat de Mariage passé devant le même notaire que le Compromis ci-dessus: Maître BANCHEREAU à Bordeaux.:

Entre ISAAC NÜNÈS CORÉA, marchand portugais, habitant de cette ville ( Ndlr. Bordeaux ), paroisse Sainte Eulalie,
fils légitime de Joseph NÜNÈS CORÉA et de Demoiselle SARA DOLMÈRA d'une part,

et
ESTER RODRIGUES HENRIQUÈS,
Demoiselle veuve de Sieur Abraham RODRIGUES, marchand portugais,
fille légitime de Sieur MOYSE RODRIGUES HENRIQUÈS
et de Demoiselle RACHEL MENDES CAMPO….

lesquels majeurs et maistres de leurs droits et actions,
de leurs bons grés et volontés ont promis de se prendre l'un et l'autre pour mari et femme légitime,
et
( un mot illisible ) ensemble le Saint Sacrement du Mariage en face de notre mère Sainte Église Catholique appostolique (sic) Romaine

(En présence) …..de Sieur RODRIGUES HENRIQUÈS marchand portugais frère de la future épouse et de ….. icy présents

(Ont signés): ESTER RODRIGUES HENRIQUÈS

ISAAC NÛNÈS CORÉA

RODRIGUES HENRRIQUÈS

(Les témoins) : Abraham et Rafael de Acosta (père et fils).


De ce document qui nous paraît capital, il ressort les premières conclusions suivantes;

1. Le Sieur RODRIGUES HENRRIQUÈS cité dans les deux Actes notariés ci-dessus est le même : frère d'Ester R.H. et frère cadet d'Abraham.
2. Que le Sieur Abraham RODRIGUES est un HENRIQUÈS, puiqu'il est bien dénommé ainsi , sans correction ultérieure, dans l'Acte de 1717. L'omission répétée dans son cas de son second nom, montre tout simplement qu'il n'en faisait pas usage et appelle à la prudence les commentaires généalogiques sur les distinctions patronymiques.
3. Que le personnage qui a signé -à deux reprises- son nom avec 2 R étant le frère d'Ester R.H., et, son frère aîné Abraham R.H., sont bien les fils de MOYSE RODRIGUES HENRIQUÈS et de RACHEL MENDES CAMPO.
4. Que Abraham R.H., le frère aîné du non prénommé RODRIGUES HENRRIQUÈS, vivant encore en 1725, ne pouvait être le premier mari d'Ester R.H. remariée en 1717, (l'endogamie a bon dos mais ne va pas jusqu'à l'inceste !) Il s'agit donc d'un Abraham RODRIGUES appartenant probablement à une autre famille RODRIGUES , laquelle ?
5. Que le "non prénommé" R.H. qui signe son nom avec 2 R, serait ISAAC RODRIGUES HENRIQUÈS dit Le POUDRAYE ou Le POUDRAYRE.
Nous disposons en effet-toujours grâce à ma Correspondante de Bordeaux- de photocopies du Testament authentique d'ISAAC RODRIGUES HENRIQUÈS en date du 3 Août 1766 (réf.: ADG. 3 E. 24260) et d'un extrait de l'Inventaire successoral de la maison qu'habitait à Bordeaux Isaac R.H. (réf.: ADG. cote inconnue, Inventaire n° 240 du 22 Novembre 1767). Ces documents précisent la profession et le dernier domicile de l'intéressé: agent de courtage, habitant Bordeaux, rue Causse Rouge, paroisse Saint Éloy.
Ils font notamment état des noms ,prénoms de tous ses enfants vivants et de ceux de leurs conjoints. Dans le testament, Isaac, ainsi qu'il est d'usage et les pratiques parmi les juifs, déclare être marié avec Rachel GOMMÈS.
6. Or il est reconnu jusqu'ici par tous ceux qui se sont penchés sur les origines de cette branche, que les enfants nommés dans ces actes sont issus d'Isaac R.H. dit Le Poudraye, qui a épousé Rachel GOMMÈS.